Print : les journaux brûlent-ils ? Web : la presse écrite brille-t-elle ?

En 1991, quand j’ai commencé à travailler à la rédaction Ouest-France de Vannes j’ai découvert le mot « hors-sac ». C’est la contraction de « hors-sac postal ». Jusqu’au tout début des années 2000 les photos pour le journal du lendemain étaient transportées vers le site de mise en pages de Chantepie, près de Rennes, par des services de messagerie qui faisaient le ramassage des photos de toutes les rédactions de l’Ouest.

C’était une époque – pas si vieille – où en France et dans le monde les journaux papiers ronronnaient sur une forte rentabilité : grosses ventes au numéro, revenus plus que  confortables avec petites annonces payantes et encarts de publicité à empiler…

En 1993/1994 je me souviens d’éditions Ouest-France de Vendée du samedi dans lesquelles les pages locales étaient vides d’actualité, elles se résumaient à un empilage de publicités, faute de place pour le rédactionnel. Et les journaux se vendaient ! Souvenirs de l’ancien monde…

Où est passé l’argent ?

Cet « ancien monde » a disparu. L’Express est passé de 550 000 exemplaires par semaine à 250 000 aujourd’hui. Ouest-France de 800 000 à 650 000 par jour. Le papier vendu reste une priorité mais ce n’est plus la seule : c’est le nombre de pages vues qui comptent. Un exemple, le site du Figaro a enregistré en octobre dernier 112 316 215 visites totales pour 274 743 690 pages vues ! (Source : Alliance pour les chiffres de la presse et des médias.) Ce sont ces hauteurs en millions qui obsèdent aujourd’hui les éditeurs de presse.

Chiffres vertigineux ! Les journalistes de la presse écrite n’ont jamais été autant lus, mais la rentabilité a disparu. Où est passé l’argent ? Les petites annonces, majoritairement gratuites, ont émigré comme sur leboncoin; la publicité s’est atomisée vers de multiples supports numériques, Facebook, Google et autres.

Les gilets jaunes sont-ils à Atlantheix ?

En 2018, comment vivent les journaux papiers ? Qu’écrivent-ils sur le web ? Sont-ils otages des réseaux sociaux ? Un  compte rendu du dernier concours de pétanque doit-il être publié ? Si oui dans les pages locales du quotidien ? Sur son site internet ?

Les journaux papier vont-ils disparaître ? Être diffusés uniquement sur le web, comme le grand quotidien La Presse au Québec ? Devenir ainsi des pure players, c’est-à-dire des médias écrits publiés uniquement sur internet, comme Mediapart ?

Des robots remplaceront-ils des journalistes ? En fait, rares sont les certitudes. Dans un futur proche, la question qui suit et sa réponse possible n’apparaissent pas absurdes : « OK Google, dis-moi si les gilets jaunes sont sur le rond-point d’Atlantheix ? »

Je ne referai pas toute l’histoire de cette révolution numérique. C’est à partir de ce qui s’est dit et fait en 2018 que je vous propose de débroussailler ce qu’est l’information écrite sur papier et sur écran.

Ce sera dimanche 2 décembre aux Corsaires, à 10 heures.

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